Par Yvane Wiart. Forum dédié à ceux qui se découvrent surdoués, pour échanger sur leur expérience : sentiment de décalage, réactions à la différence, violence psychologique, stress, joies, bonheurs...
 
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 Présentation et avis

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ML1982



Messages : 1
Date d'inscription : 11/11/2014

MessageSujet: Présentation et avis   Sam 13 Déc - 13:28

Bonjour,

Inscrite sur ce forum depuis 1 mois peut-être, je tarde à me présenter et je m'en excuse. Après lecture du fameux article de l'Express, je me questionne sur une éventuelle surefficience intellectuelle qui pourrait expliquer mon mal être, mon sentiment constant de décalage avec les autres ... Je suis par ailleurs en train de lire le livre de Monique Kermadec sur l'adulte surdoué qui me conforte dans l'idée d'une différence dans ma façon de penser et de voir les situations, dans ma volonté de réagir selon les circonstances et qui me vaut quasiment à chaque fois un regard, une critique, un jugement .... (la pensée arborescente intimement liée à une hypersensibilité émotionnelle)

J'ai 32 ans, suis issue d'un milieu rural-ouvrier dans lequel j'ai eu une éducation très difficile. Ma mère était très exigente avec moi (pas le droit à de mauvaises notes, pas le droit d'avoir des vêtements tâchés, pas le droit de crier lorsque je jouais avec les enfants du voisinage ....) mais heureusement que j'avais les capacités d'être tête de classe car à chaque baisse de régime m'attendaient le martinet, le gourdin ou autre sévisse compensatoire.

Néanmoins, je suis déjà interpellée par cette capacité à avoir été tête de classe malgré les conditions dans lesquelles je vivais, et me rappelle deux ou trois évènements où la réussite m'a attendue au tournant sans grands efforts. J'ai obtenu la moyenne à un examen alors que je ne l'avais révisé que 20 mns avant l'épreuve, idem avec un concours de l'enseignement raté d'à peine 10pts alors que mes révisions remontaient à seulement une quinzaine de jours. Je me suis surprise à mieux réussir mes dissert' de philo en les bossant la veille ou rédigée "instinctivement" pendant que j'écoutais les femmes du village potiner en dessous de ma fenêtre de chambre (mon attention consciente était portée sur les ragots colportés tandis que ma rédaction se rédigeait comme d'elle même) ....

J'ai toujours eu du mal à m'intégrer dans un groupe car étant considérée comme l'intello trop intello au goût des autres. Dans de multiples emplois, j'ai relevé des dysfonctionnements de service en vue simplement de les optimiser pour augmenter l'efficacité et la rentabilité mais mes critiques n'ont jamais été bien reçues. En amitié, j'ai décelé de nombreuses fois le défaut d'intégrité de personnes et ai vue bien du temps après revenir vers moi celles ou ceux que j'avais prévenues avec la confirmation que mon idée première était bonne. Je suis très sensible aux tensions et commence à m'intéresser de plus en plus aux modes de communication entre les personnes pour comprendre les enjeux sous-jacent de chaque discours. Idem avec la psychologie et la sociologie.Unanimement, les gens me disent que je "réflechis de trop" ou "me prend la tête pour rien" mais factuellement j'arrive de moins en moins à ne pas réfléchir, à ne pas observer, analyser, etc ... D'ailleurs, lors d'un récent entretien d'embauche, j'aurais réussi haut la main les tests psychotechniques et révéler une capacité d'analyse au dessus de la moyenne.

Je me questionne réguilièrement sur le sens de la vie, sur le bienfondé de mes actes. Je m'offusque aussi quasiment tout le temps sur l'incivillité des gens, un certain manque de logique dans leurs actes, le non respect de la vie, de notre environnement ... Je n'arrive pas à comprendre comment cela est possible. J'ai également beaucoup d'empathie et déstabilise ma belle-fille de 8 ans en devinant ce qui se passe dans sa tête quand bien même ses propres parents semblent avoir un voile devant les yeux. Les gens à mon contact se sentent trop analysés et cela les dérangent. Je n'ai pas peur d'appeler un chat un chat quand autour de moi tout le monde arrondi les angles, minimise, tergiverse voire fuit les réalités, problèmes et surtout responsabilités mais suis incapable de communiquer avec eux de façon simple. Je tatillonne beaucoup sur le sens des mots que j'entends entendre de la même façon que les autres. Je finis souvent les fins de phrases des gens (et c'est agaçant)

J'ai une mémoire plutôt bonne, autant au niveau visuel qu'auditif. J'anticipe quasiment tout, émet plusieurs possibilités avant de me lancer dans quelque chose mais suis perçue comme "chiante" et indécise.

Je m'ennuie très rapidement aussi. A l'école, j'apprenais moins du fruit de l'apprentissage "par coeur" que de celui plus anecdotique ou ludique. Je mémorisais et recrachais assez aisément mes leçons mais ne les ai retenu que très partiellement. Bien qu'adorant la méthodique, je m'en suis toujours plus sorti en dissertation qu'en commentaire de texte en raison de la plus grande liberté réflexive ( à les yeux à l'époque). J'étais capable de construire une réflexion qualitative sans pour autant placer une référence juste (contrainte de l'exercice académique qu'est la dissertation .. trop contraignante pour moi). J'ai repris mes études en L3 après 2 ans d'absence du milieu universitaire et me suis vue valider cette dernière avec mention (au grand dam de mon exigente mère qui en souhaitait une pour mon bac) grâce à une matière passée "à l'arrache" (3 heures d'épreuve-2h en mode "copie blanche"- 1h à rédiger dans le speed une rédaction basée sur une expérience de stage et non de mes cours) mais qui m'a value de vifs encouragements de la part du prof. Le côté répétitif des choses me lasse, m'angoisse parfois, et je n'arrive pas à m'y contraindre. Pire, je me demande des fois si je ne provoque pas involontairement des situations qui ne tiennent plus qu'à un fil pour avoir l'opportunité exitante de réfléchir vite et bien (je suis tordue)

Ma carrière professionnelle est très atypique elle aussi et en aucun cas en lien avec mon domaine d'études premier à cause/ en raison de ma capacité à entrer dans un domaine inconnu à la base mais auquel je vais m'intéresser par défit jusqu'à y atteindre un certain degré d'expertise; le problème étant qu'une fois que j'en ai fait le tour, je m'ennuie terriblement et n'y vois plus que les points à améliorer, rendant mon expérience moins agréable et me donnant envie d'en changer. Mes réfexions, encore une fois, déplaisant à un moment ou un autre (comme si j'étais Iznougoud et que je voulais prendre la place du calif alors que je suggère juste pour créer de nouveau levier d'optimisation et de croissance), mes rapports collégiaux deviennent tendus et provoque un gros sentiment d'incompréhension qui me plonge dans l'isolement et l'état dépressif.

Ma vie sentimentale n'a pas été plus épargnée. Particulièrement sensible dans ce domaine, mes exigences de compréhension sont très élevées et problématiques. Je pense avoir trouvé un autre zèbre comme moi (même si je n'en suis pas encore sûre d'en être un) qui se méconnait aussi mais que je soupçonne comme tel en raison de sa haute capacité d'empathie, de tolérance et d'écoute quant à mes questionnements actuels mais également en général (parce qu'il est un zèbre justement). Lui aussi réflléchit différemment et se sent différent d'ailleurs.

Enfin, je suis depuis quelques années sensible au niveau de l'ouie, ce qui parasite énormément mes facultés de concentration même si, paradoxalement, lorsque je suis investie dans quelque chose (toujours ringard aux yeux des autres au passage) je suis cette fois capable de me couper de tout même au milieu d'une quasi cohue.

J'ai, de nombreuses fois, été traitée de folle et pendant longtemps je l'ai cru et l'ai mis sur le compte de la maltraitance maternelle. Trop exigente à cause de l'exigence maternelle, un regard trop dure à cause du regard maternel inculqué, mauvaise à cause de la violence maternelle, etc ..... mais sans vouloir faire de déni, mon fond intérieur me dit le contraire et chaque que l'on revient vers moi en me disant "tu avais raison", une immense foi me submerge. Bien que l'influence de ma mère ait été terrible et ne m'ait pas aidé dans mon passage à la vie d'adulte, je ne suis plus persuadée que cela en soit l'unique cause et mon soupçon d'éventuelle douance expliquerait de nombreuses choses. J'en reviens à me dire que j'ai eu beaucoup de chance d'avoir été capable d'être tête de classe et cela m'interpelle plus que tout car cette "intelligence" ne m'a pas été inculquée, elle m'a juste été exigée. D'où vient-elle ? Jusqu'où s'étend elle ? Pourquoi est-elle si efficace en période de stress ? Sachant cela, en quoi peut-elle m'être utile ? Pourquoi n'ai je pas réussi aussi brillamment dans ma vie d'adulte que dans mon enfance ?

Je pense être actuellement (voire depuis un petit bout de temps) dans un état dépressif tellement mes tentatives à m'intégrer avec les autres semblent vouées à l'échec. Depuis quelques années j'ai tendance à m'enfermer sur moi-même, me replier et m'isoler pour me cacher et me protéger "des autres" qui ne me comprennent pas, ne m'acceptent pas mais à la lecture de cet article et du livre de Kermadec, je me reconnais à chaque fois un minimum dans ses descriptifs et la foi, l'espoir revient.

Peut-être que je me trompe complètement. Peut-être que je suis en effet bel et bien folle mais au fond de moi ça ne veut pas l'entendre comme ça.
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