Par Yvane Wiart. Forum dédié à ceux qui se découvrent surdoués, pour échanger sur leur expérience : sentiment de décalage, réactions à la différence, violence psychologique, stress, joies, bonheurs...
 
AccueilAccueil  PortailPortail  FAQFAQ  RechercherRechercher  MembresMembres  GroupesGroupes  S'enregistrerS'enregistrer  ConnexionConnexion  

Partagez | 
 

 Sentiment de décalage et potentielle surdouance

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas 
AuteurMessage
Claire.K
Invité



MessageSujet: Sentiment de décalage et potentielle surdouance    Dim 26 Fév - 11:49

Bonjour, je m'appelle Claire. J'ai 16 ans et suis nouvelle sur ce forum. Cela fait quelques temps que je pense à la surdouance mais sans vraiment oser y croire. J'aimerais donc savoir si je pourrais être une personne à haut potentiel. En réalité, ce questionnement a commencé ces dernières vacances d'été pendant lesquelles j'ai pour ainsi dire fait une sorte de "crise existentielle". La vie n'avait pour moi plus aucun sens, elle ne m'apparaissait qu'en tant qu'absurde et hypocrite. Je ne supportais plus les faux-semblants et la superficialité dans lesquels chacun semblait se complaire. Je ne pouvait pas non plus supporter l'indifférence et l'égoïsme, alors que tant d'ignominies, de massacres sont injustement perpétrés sur tant innocents. Je me demandais sincèrement si vivre, mener une existence ancrée dans l'absence de sens en valait vraiment la peine. En fait, malgré de très bon amis et ma famille, je me sentais toujours plus seule, toujours plus différente des autres. Je me demandais sans cesse pourquoi mes pensées divergeaient autant de celles des personnes de mon âge. Je ne comprenais surtout pas l'origine de ce mal-être profond, de ce besoin de remise en question constante, mais muette, de notre société et des règles établies. Maintenant je vais mieux, disons que je me suis faite une raison. Cependant, c'est à ce moment-là que j'ai commencé à faire des recherches sur internet et que j'ai découvert la réalité, les difficultés et caractéristiques des individus HP. J'ai ainsi découvert le faux-self et la peur de l'échec qui, je crois, ont gouverné pendant longtemps ma façon d'être. J'ai appris à lire avant le CP, seule, de façon assez spontanée. Plus jeune, je faisais tout mon possible pour disparaître en classe, j'évitais soigneusement de participer et adoptais le language de mes camarades, pour mieux me "fondre dans le décor". L'essentiel pour moi résidait alors dans le fait de m'intégrer. Et étant donné que les interactions sociales m'étaient tout sauf naturel, je crois que j'ai en quelque sorte développé une faculté "d'analyse comportementale". J'observais et notais le moindre détail de leur attitude, langage et style vestimentaire dans l'objectif de me constituer une sorte de passeport social. J'avais de très bonnes notes sans avoir besoin de travailler intensément, mais je n'étais jamais en tête de classe (ce que je ne souhaitais surtout pas). En 4ème, j'ai essayé d'intégrer un groupe de filles "populaires" (ce qui me semble,aujourd'hui, totalement dérisoire), et cela n'a pas vraiment fonctionné ! Je crois que j'avais, plus que jamais à cette époque de confusion identitaire, le besoin de sentir que j'étais semblable à toute adolescente de mon âge. Quoiqu'il en soit, c'est à partir de là que j'ai décidé de m'accepter telle que je suis. Aujourd'hui, je suis au lycée, en seconde et y réussi très bien. Enfin, je pense. J'ai été première dans la plupart des matières, les deux conseils de classes précédents. Cependant, il m'est très difficile de le réaliser. J'ai souvent l'impression de n'être qu'un imposteur. Je doute constamment de moi-même et de mon intelligence (aussi floue et subjective soit cette notion). Je pense que cela vient du fait que je suis particulièrement perfectionniste. J'ai, en permanence, ce besoin frénétique de réussir, pour me rasséréner sur mes capacités intellectuelles. Je sais que cela peut paraître absurde, moi-même je peine à comprendre cet état d'esprit. En revanche, je suis convaincu d'une chose, il m'est très difficile de tolérer l'injustice et les inégalités (ce qui est particulièrement horrible au vu de leur nature constante dans nos sociétés actuelles). Je pense être une personne très sensible, bien que je paraisse certainement froide et distante (notamment par mon humour particulièrement ironique, parfois noir). Je crois que je peux aussi dire que j'ai une bonne mémoire (je retiens beaucoup de choses sans avoir nécessairement appris et je suis capable d'apprendre plusieurs pages par cœur sans problèmes). Cependant, je pense constamment ce qui, j'ai l'impression, est souvent épuisant, parfois problématique. Quoique je fasse mes pensées me rattrapent sans cesse. Je fais trop souvent des erreurs d'inattention. En primaire, mes professeurs me décrivaient comme une élève "dans la lune". C'est aussi peut-être étrange, mais je ne suis pas passionnée par un thème en particulier, mais plutôt intéressée par de nombreux sujets. Plus que cela, je me suis toujours sentie en décalage par rapport aux autres, et c'est pour cela que je consulte ce forum, pour mieux comprendre cette sorte de distance qui me sépare des autres. Je n'arrive pas à me passionner pour les mêmes centres d'intérêt que la plupart des adolescents de mon âge. Ce que j'aime, ce sont les sujets d'actualité, de société, me questionner sur le sens de la vie, le but profond de chaque être (le bonheur ?) dans son existence, la façon de faire de ce monde un monde meilleur (même si je crois que suis quelque peu paradoxal sur les bords, à la fois idéaliste et pessimiste). En effectuant cette démarche je ne cherche pas à flatter mon ego, ni à prouver mes compétences dans cette course à la productivité qui semble prépondérante dans notre société, je suis simplement en quête d'identité, de compréhension de moi-même. Pensez-vous donc que je puisse être une personne HP, ou simplement une adolescente une once lucide et éveillée sur le monde grâce aux médias de masse et l'instantanéité de l'information, répandue par l'apogée du numérique ? J'aimerais beaucoup connaître votre avis sur la question, qui je pense m'aiderait vraiment à me positionner. Un grand merci d'avance.
Revenir en haut Aller en bas
Yvane Wiart



Messages : 29
Date d'inscription : 01/02/2014

MessageSujet: Re: Sentiment de décalage et potentielle surdouance    Dim 26 Fév - 14:15

Bonjour Claire,
Si vous vous posez la question, c'est sans doute que vous avez déjà la réponse, mais qu'il vous est difficile de l'accepter...
Pour ma part, au vu de ce que vous décrivez, vous semblez avoir toutes les caractéristiques de quelqu'un de surdoué... sunny
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Anna.u
Invité



MessageSujet: Re: Sentiment de décalage et potentielle surdouance    Ven 24 Mar - 22:53

Bonjour Claire, je me suis pas mal reconnue dans ton témoignage. J'ai 10 ans de plus que toi. J'ai été diagnostiquée "précoce / surdouée" (je déteste ces termes mais peu importe l'étiquette sur le pot, c'est le contenu qui importe) quand j'étais en primaire à l'âge de 8 ans si je me souviens bien. Je réussissais très bien à l'école, je comprenais très vite et je voulais que ça aille toujours plus vite en classe. Les choses se passant mal avec la maitresse et a l'ecole (je ne voulais plus aller a l'ecole, je me rendais malade tous les matins, je faisais du somnambulisme), ma mere a commence a se renseigner sur la demarche a prendre. Elle m'a fait rencontrer une psychologue et on a fait differents tests. J'etais petite mais j'en garde le souvenir d'une agreable journee avec cette dame, qui a la fin des tests avait su tout m'expliquer : pourquoi j'etais un peu differente des autres enfants, je comprenais plus vite etc (ce que ca signifie d'etre precoce mais expliqué simplement a un enfant j'imagine). Ma mere me raconte encore aujourdhui a quel point ca a tout changé a partir de la. Je comprenais, on m'avait explique "ce qu'avais" ou ce "qui clochait" chez moi (probablement ce que je pensais inconsciemment, j'etais une enfant tres anxieuse). Ca a retire mon anxiete, le somnambulisme s'est arrete du jour au lendemain et ma mere a pris les choses en main avec l'ecole. J'ai saute le CM1. Et pour resumer, apres tout cela j'ai toujours eu une scolarite exemplaire jusqu'au master 2. J'ai encore la soif d'apprendre aujourd'hui, aussi dans le domaine professionnel.

Je pense que ca peut t'aider de consulter un psychologue pour en discuter, ou toute personne avec laquelle tu te sens en confiance. Mes parents m'ont toujours enormement soutenue et j'ai eu de nombreuses discussions avec eux. C'est bete a dire maisnce sont les seules personnes qui ne me jugent pas et qui me connaissent le mieux. Ca aide d'en parler et de ne pas garder ca que pour toi.

Avec tout ce que tu decris, je pense oui que tu es HP. Tu es extrêmement lucide, "crise existentielle" (moment de questionnement qui arrive a une période de transition dans ta vie) a 16 ans sur le sens de la vie et notre monde actuel, ta référence à ton côté idéaliste mais en même temps pessimiste; dis toi que ce n'est pas la majorité des jeunes à ton âge qui sont à ce niveau de réflexion.

Au delà de la question HP ou pas HP, ce que je veux te dire c'est apprends à te connaître le plus possible. Plus tu te connaîtras, mieux tu seras capable de te protéger. Je ne parle pas de se creeer une armure, mais de protéger notre santé mentale, connaître nos limites, nos faiblesses, exploiter nos forces. Nous sommes des personnes en général très lucides et cela peut conduire à des pensées négatives: est ce que ça vaut la peine de vivre dans ce monde aujourd'hui? J'ai eu les mêmes questionnements que toi mais un peu plus tard (durant mon master 1, à 20 ans), et aussi sortie de nulle part cette "crise existentielle". Je n'ai pas trop compris ce qui m'arrivait,, je n'avais à pas a me plaindre j'avais tout pour être heureuse. J'ai fait une dépression, je me sentais très mal. Je ne comprenais pas. Mes parents et amis m'ont aider à surmonter ça. Quand la montagne paraît immense à gravir, il faut la diviser en tous petits morceaux. Une chose à la fois, et on avance. Et puis j'ai pris une année de césure, je suis partie en Australie, sortir de la zone de confort (très douée aux études mais suis-je capable de faire quelque chose de différent ?) voyager, rencontrer des gens différents, faire d'autres choses, des choses pour moi et pas pour mon CV. C'était génial, ca m'a sauvée. Ca a ouvert mes horizons.

J'ai pris du recul sur mon expérience. Aujourd'hui je sais que j'ai cette fragilité emotionnelle, que parfois je peux me laisser submerger, que ce sentiment de me sentir si mal revient de temps en temps, il y a souvent un facteur déclencheur ;mais la plupart du temps je suis en contrôle.

Il ne faut pas voir le fait d'etre HP comme quelque chose de négatif mais comme une chance. Il faut apprendre à s'aimer comme on est, avec cette différence. Facile à dire moins facile à faire ... Il y a des jours j'aimerais tellement être "normale", ne pas penser et réfléchir et analyser autant. Et puis je me dis que ce serait bien trop triste. C'est surtout dur pendant l'enfance et l'adolescence, a l'école. On veut être populaire comme les autres, faire partie du groupe "cool", être intégré, accepté même si au fond on trouve ce jeu totalement superficiel. Mais à partir de l'université et à l'âge adulte c'est beaucoup plus facile d'assumer sa personnalité. Je trouve qu'il y a moins de pression sociale, tu peux davantage être toi-même et doser le niveau de "faux-self". Tu trouveras toujours des personnes avec qui avoir ces discussions très profondes sur le sens des choses etc.
Et utilise tes capacités intellectuelles à ton avantage. Par exemple je me dis que au travail ou aux études ca me prend moins de temps pour accomplir un très bon résultat que la majorité des personnes. Tu apprends plus et plus vite, tu analyses plus facilement les situations, les personnes. Ce sont de très grandes qualités dans la vie quotidienne et dans le monde professionnel. Et le temps ou l'énergie que tu as gagnée/économisée, tu le peux le passer à autre chose (perso / loisirs ...)

Bref j'ai beaucoup écrit, le message pour toi c'est d'apprendre à doser (l'émotivité, les réflexions, questionnements etc). Le sentiment de te sentir en décalage avec les autres ne partira jamais, mais tu apprends à vivre avec. Tu dois y trouver des choses positives et apprendre à gérer les aspects que tu trouves négatifs. Ca t'aidera d'en parler. Ca t'aidera de prendre du recul et d'apprendre à te connaître le mieux possible, de trouver des petites stratégies au quotidien pour gérer tout ça. D'apprendre à lâcher prise parfois et de pas te mettre trop de pression.

J'espère que ca t'aidera, bonne route !!
Anna
Revenir en haut Aller en bas
John Fleming

avatar

Messages : 1
Date d'inscription : 20/04/2017

MessageSujet: Re: Sentiment de décalage et potentielle surdouance    Jeu 20 Avr - 1:54

Bonjour Claire,
Tu es jeune et tu as peut-etre la chance de découvrir que tu es HP. En lisant, je reconnais des traits et des comportements qui me font penser que tu es HP. Pour moi, il a fallu un peu plus longtemps pour le savoir. Je t'encourage vraiment à savoir si tu es surdouée ou pas. Accroche-toi !
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Contenu sponsorisé




MessageSujet: Re: Sentiment de décalage et potentielle surdouance    

Revenir en haut Aller en bas
 
Sentiment de décalage et potentielle surdouance
Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut 
Page 1 sur 1
 Sujets similaires
-
» Le sentiment de vide affectif
» Vous ressentez un sentiment d'amour indescriptible? c'est votre ange gardien qui entre en contact
» question sentiment
» Drôle de sentiment
» Question sentiment

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
Surdoué(e) adulte :: Echanges :: Surdoués : les reconnaître-
Sauter vers: