Par Yvane Wiart. Forum dédié à ceux qui se découvrent surdoués, pour échanger sur leur expérience : sentiment de décalage, réactions à la différence, violence psychologique, stress, joies, bonheurs...
 
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 Témoignage

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Bluenote



Messages : 1
Date d'inscription : 02/07/2016
Localisation : Belgique

MessageSujet: Témoignage   Sam 2 Juil - 22:32

Bonjour,

Après avoir découvert ce forum il y a quelques jours, je me suis décidé à m'inscrire et à partager ce témoignage concernant les violences scolaires (et autres violences) dont j'ai été victime de longues années.
Les rares proches qui m'ont connu durant ma petite enfance m'ont dit que j'étais un petit garçon souriant, rigolo, bavard et bienveillant. Mais ce joli portrait sera quelque peu abîmé par la suite...

Les premières violences verbales et physiques commencent à l'âge de 7 ans, après avoir débarqué dans une nouvelle école en 2ème primaire.
Mon tempérament profondément gentil et altruiste étonne les camarades.
Mes parents m'habillent de façon désuète, ça n'aide pas.
Déjà victime d'un frère enfant-roi et tyrannique (qui sera diagnostiqué TDAH/TOP 20 ans plus tard), je repère très vite un camarade tyrannique, qui s'était imposé comme le meneur de groupe qui édicte ses lois sur l'ensemble des garçons de sa classe. Notamment en exigeant des garçons qu'ils se prosternent devant lui et exécutent des pompes à sa demande.
Je décide du haut de mes 7 ans de ne pas me soumettre.
Mes résultats scolaires et ma facilité d'apprentissage ravissent les professeurs. Un peu moins les autres élèves.
Elève brillant, profondément gentil, serviable, empathique, habillé différemment et insoumis: je portais sans le savoir tous les éléments nécessaires à être perçu comme l'élément à rejeter du groupe.

Celui qui a souvent la tête en l'air. Celui qui comprend les choses de travers. Celui à qui on ne doit pas parler. Celui à qui on ne doit pas passer la balle dans la cour. Celui avec qui il ne faut pas se mettre en binôme au sport. Celui qu'il ne faut surtout pas inviter aux fêtes. Celui à qui il faut mettre quelques coups quand il l'ouvre et qu'on ne lui a rien demandé. Celui qu'il faut absolument chahuter en cours, puisque 9 fois sur 10 il a la réponse avant les autres et a le malheur d'être content d'apprendre, de vouloir apprendre et donc de participer.  

Le calvaire dure pendant 5 ans.
Ma mère ne comprend pas, elle incrimine l'éducation des autres enfants. Mon père va plus loin dans le mauvais sens: il m'incrimine. Mon caractère insoumis et questionnant tout, tout le temps, ne lui plait pas beaucoup et le fatigue. Mon caractère doit donc être quelque part la cause de ce que je vis.
A 12 ans, je réussi mon CEB haut la main: je finis de loin le premier de plusieurs écoles réunies durant les épreuves cantonales (je suis belge).
Cela n'éveille la curiosité d'aucun professeur, ni même de mes parents.
Ma mère y voit surtout la preuve de la réussite de sa bonne éducation, mes résultats sont un soulagement pour elle: à côté, mon frère, c'est la galère...
Et pourtant: alors que les autres enfants avaient passé leur temps à réviser durant les épreuves, j'avais passé mon temps... à jouer à la Playstation Smile
Bien sûr, mes parents n'en savaient rien, j'avais dissimulé.
La question de la réussite était d'autant plus relative.

Arrivent les études secondaires.
Je demande à mes parents qu'ils me trouvent une école où n'aille aucun élève que j'ai connu.
On se rassure tous en se disant qu'en faisant table rase des situations et des fréquentations passées, ça ne pourra qu'aller beaucoup mieux.
Et pourtant.
Malgré le fait que je dissimule alors mes capacités intellectuelles afin de ne pas "choquer" mes camarades (vous apprécierez l'absurdité de la chose), la situation vécue en primaires va progressivement se remettre en place. Et en pire.
On est alors à l'époque de l'explosion des messageries en ligne (du type MSN), qui deviennent progressivement une source d'harcèlements supplémentaires.
Le domicile familial est devenu un enfer: les problèmes de couples de mes parents s'ajoutent aux problèmes de mon frère.
Je dissimule donc mes problèmes sociaux de l'école à la maison, histoire de ne pas en rajouter.

A 14 ans, je suis un jeune adolescent fatigué du système scolaire répétitif et rigide.
Les bourreaux sont multiples, et plus vicieux que ceux de l'enfance.
Je redeviens le "rej" que j'étais quelques années auparavant.

Ma cellule familiale prenant l'eau, je finis, dans le cadre d'une thérapie familiale, par être reçu en tête-à-tête avec une psychologue.
J'ai 16 ans. Alors que ce n'est pas l'objet de ma visite, elle émet l'idée que je sois un "surdoué" et que je doive passer un test.
Mes parents n'en croient pas un mot. Et moi non plus d'ailleurs. Moi qui voulait être aimé, accepté, comme quelqu'un de normal: moi "surdoué"? Jamais!
Parents et enfant dans le déni.

Le harcèlement dont je suis victime empire. Les violences physiques que j'ai connues durant l'enfance reprennent vers mes 17 ans. Jusqu'en voyage scolaire.
Le malaise vécu de tous bords, le fait de ne me sentir à ma place nulle part, de n'avoir d'havre de paix nulle part, et évidemment aucun ami à qui parler... j'ai des pensées suicidaires.
Je monte sur un pont, je me penche.
Je renonce.

Exactement 6 ans après la fin de mes primaires, je souhaite faire table rase et ne plus jamais revoir mes bourreaux, ni aucun des ados liés de près ou de loin à mon vécu.
Usé par le système scolaire classique, je mets non seulement ce souhait à exécution, mais je prends aussi un virage à 180° sur le reste: je décide de me lancer dans des études artistiques (cinéma). Mes parents, toujours à côté de la plaque, n'y comprennent rien: leur fils qui semblait si bon dans tout ce qui est cartésien, des études artistiques!
A leur grand étonnement, je passe les concours d'entrée. Je suis le plus jeune de ma promo.
Les 3 années qui s'ensuivent sont un parcours de santé pour moi.
Le milieu audiovisuel, où le "décalage" est une donnée courante, que ce soit socialement ou dans la pratique, m'accepte sans problème.
Entre mes 18 et mes 21 ans, je finis donc par trouver dans l'art mon havre de paix et mon futur métier.

A 21 ans, bien éloigné de mes envies suicidaires de mes 17 ans et du harcèlement, j'ai un peu plus confiance en moi. Je me rappelle de cette psychologue rencontrée à 16 ans: je passe un test de QI.
Le résultat est bien au-dessus des 130. Je doute du test. J'en fait un autre. Résultat équivalent. Je finis par accepter le résultat.
Passé le relatif "soulagement" que peut donner ce résultat, je m'interroge toujours plus: je ne sais toujours pas qui je suis. Est-ce que ce que je suis, qui est différent d'une certaine norme, est-il lié à un résultat de test de QI, ou ça n'a rien à voir?
Quelques années plus tard, la seule personne HP que je connaisse me conseille l'excellent livre de Jeanne Siaud-Facchin.
J'ai alors 24 ans et je comprends un peu mieux qui je suis.

Lors d'une soirée, le hasard fait que je retrouve l'un des "bourreaux" de mon adolescence.
On cause, il me demande pardon pour tout ce qu'il a fait.
Surprise du jour: c'est aussi un HP!

Aujourd'hui, j'en ai 26. Les amis sont rares, mais j'ai au moins le bonheur d'avoir une vie professionnelle passionnante (je travaille comme indépendant en post-production cinéma/TV).
Mon parcours est celui de quelqu'un qui n'a pas du tout été dépisté/repéré comme HP, et je dois sans aucun doute ne pas être le seul dans le cas.
J'ai traversé durant les 18 premières années de ma vie un système éducatif incapable de déceler ma particularité et d'en faire quelque chose. Avec le recul, je considère davantage ce système éducatif comme une machine à broyer du HP. Ce qui est particulier, qui n'est pas compris et qui n'est pas vu comme un fait positif y devient un fardeau.
Tant de souffrances inutiles et de temps perdu.

J'espère que mon témoignage sera utile Wink
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Martine



Messages : 8
Date d'inscription : 28/06/2016

MessageSujet: Re: Témoignage   Lun 4 Juil - 5:43

Témoignage intéressant que j'ai lu avec beaucoup d'attention duquel il ressort que la "douance", si elle n'est pas décelée, peut faire beaucoup de dégâts.
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Yvane Wiart



Messages : 29
Date d'inscription : 01/02/2014

MessageSujet: Re: Témoignage   Lun 4 Juil - 17:44

Merci beaucoup Bluenote d'avoir pris la peine de partager cet émouvant témoignage.
J'espère qu'il donnera envie à d'autres de s'exprimer sur ce sujet, car je suis absolument certaine que vous êtes très nombreux à avoir subi ce genre de violences, et ça fait du bien d'en parler et de participer à briser l'omerta...
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Élodie



Messages : 2
Date d'inscription : 29/09/2016
Age : 34
Localisation : France (25)

MessageSujet: Re: Témoignage   Jeu 29 Sep - 9:10

Bonjour à tous,
Récemment en télévision française, le téléfilm : "Marion, 13 ans pour toujours" m'a rappelé à quel point cela aurait pu être moi. Heureusement, il y a 20 ans facebook et les autres réseaux sociaux n'existaient pas encore et le harcèlement, que je subissais, prenait fin chaque jour à 16h30. Ma bulle familiale m'a permise de ne pas sombrer dans le même état d'impuissance et d'injustice décrit dans ce film.
Je n'ai été diagnostiqué HP que ce mois d'août 2016 mais c'est grâce à la lecture de cet article sur l'expresse que je me suis décidée à prendre rendez-vous pour un bilan.
L'étiquette HP ne me convient pas car elle ne m'aide pas à gérer mon trouble envahissant de l'anxiété : les praticiens sensibles à ce sujet sont trop rare par chez moi...
Je remercie chaleureusement Yvane Wiart pour sa participation au congrès virtuel sur la douance car c'est grâce à ces initiatives que je peux bénéficier de ces conférences qui se dérouleraient sinon beaucoup trop loin de chez moi.
Merci
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M_Cecile
Invité



MessageSujet: Situation similaire   Ven 30 Sep - 21:13

Bonjour à tous,

Suite à votre interview qui vient d'être diffusée sur le congrès virtuel de la douance, j'ai cherché ce forum et suis tombée sur ce témoignage, qui résonne un peu trop bien tant je m'y retrouve... J'ai subi du harcèlement de la part d'autres élèves et étudiants, mais également de la part d'enseignants. Je ne sais pas ce qui était le pire...

En maternelle et en début de primaire, on me décrivait comme une petite fille joyeuse, aimable, attentionnée, curieuse mais le sourire a vite disparu quand j'ai changé d'école suite à un déménagement. Je me suis retrouvée face à deux problèmes:

1) une équipe éducative très stricte et étroite d'esprit qui m'a pris en grippe après quelques mois seulement (je suis restée 5 ans dans cette école, imaginez...), car je levais le doigt tout le temps pour répondre, je ne cachais pas mon ennui, je posais énormément de questions, je remettais les raisonnements et les méthodes des enseignants en question, etc. A force d'être rabrouée par les profs, j'avais développé un "instinct" de contestation et provocation et le terme "insolence" figurait sur tous mes carnets de note.

2) Des compagnons de classes qui m'ont collé tout de suite l'étiquette d'intello et de miss-je-sais-tout.

En 4ème primaire, ça se passe tellement mal en classe (je distrais mes camarades car je m'ennuie, et on m'attribue leurs échecs) que je suis installée par l'institutrice sur une petite table au fond de la salle de classe, derrière une rangée de bureaux vides pour être sûr que je ne dérange plus personne. A ce moment, ma mère décide de contacter le directeur de l'école, ce qui se termine par une consultation chez la psychologue de l'école, afin de comprendre mon comportement. Cela débouchera deux séances plus tard sur un test de QI. Résultat : surdouée. Et je garde de cette annonce une souvenir très amer de fierté mêlée à la peur d'être encore plus rejetée si quelqu'un d'autre que moi ou mes parents l'apprenait. Mes parents s'opposent au fait que je saute une classe (ma mère y a été sujette et en a souffert), et l'école n'a pas l'air d'insister.

J'ai donc gardé tout ça pour moi et, pour me faire des amis, ai décidé de masquer mes capacités en ratant un devoir de temps en temps (apparition du faux-self qui ne cessera de grandir et finira presque par me phagocyter). Ca a plutôt bien pris car j'ai été bien mieux intégrée au groupe d'enfants. Par contre, avec les profs, c'est devenu encore pire. Eux savaient pour le test de QI, et j'avais droit à des réflexions bien senties de leur part lorsqu'ils me rendaient les devoirs que j'avais fait exprès de bâcler. "Alors madame je-sais-tout, on est plus si surdouée que ça, on dirait !" a été mon pain quotidien jusqu'à un nouveau changement d'école pour aller en secondaire.

En secondaire, le faux-self qui rate et qui est un peu bê-bête est toujours drapé sur mes épaules, je me fais des amis et même si je m'ennuie toujours en classe, j'apprends au fur et à mesure des années à être moins insolente, à poser moins de questions et à m'occuper autrement (notamment en écrivant). Problème: j'ai le malheur d'avoir une dérogation du ministère en rhéto (=terminale) pour rater plusieurs semaines de cours (pour la tournée d'une pièce de théâtre). Ca passe très mal auprès des élèves de ma classe et surtout dans mon groupe de "copines" qui trouvent toutes cela injuste, d'autant plus qu'après mon absence, je n'ai aucun mal à rattraper mon retard et fini quand même première de classe à Noël. Après les vacances de Noël, je retrouve une classe où personne ne m'adresse plus la parole. Durant les congés, une de mes camarades avait contacté tous les élèves et raconté des horreurs sur mon compte pour me mettre tout le monde à dos. Je deviens la fille exclue qui passe les récrées en solitaire à lire ou à écouter de la musique cachée dans les toilettes, avec qui personne ne veut travailler car "c'est qu'une sale p*te". Aucun profs ou éducateur ne réagit, mais je décide de me faire une raison en attendant que l'année se termine.

Arrive enfin les études. L'envol, enfin ! Ne plus voir ces gens que je ne peux qu'haïr.
Les trois premières années, c'est le bonheur. Je redeviens moi-même, mon manteau de faux-self n'est plus qu'à moitié enfilé sur mon dos, les cours me passionnent et je me fais plein d'amis. Puis l'enfer recommence. Un groupe d'étudiants entreprend d'aller voir tous mes potes pour leur parler de moi en essayant de les convaincre de ne plus être ami avec moi (je parle bien de gens qui à l'époque avaient entre 22 et 24 ans, on est donc loin des enfants dans une cour de récréation). J'essaie de remettre mon faux-self sur le dos mais trop tard, leur machine est lancée et des rumeurs toutes plus invraisemblables les unes que les autres circulent sur mon compte. Je me noie dans mes études, je ne sors plus, je dors très peu, je me coupe moi-même des gens avant qu'eux se coupent de moi. Bref, je finis mes études comme j'ai fini les autres cycles d'enseignement : première de ma promo mais épuisée mentalement et cette fois physiquement, détestée de la majorité et dégoutée de l'autre.

Je n'ose parler de ce vécu à personne, car j'ai l'impression que si j'ai été harcelée en primaire, en secondaire et plus récemment aux études supérieures, c'est que le problème vient de moi, et pas des autres. A l'unif, on m'a parfois dit que si le groupe d'étudiants populaires s'acharnait sur moi, c'est qu'ils devaient avoir une bonne raison. Mais je connaissais à peine ces étudiants. Et je ne comprends même pas qu'on puisse penser qu'une personne harcelée "mérite" ce qui lui arrive.

Aujourd'hui, je travaille là où j'ai fait mes études, donc il m'arrive (rarement) de recroiser mes harceleurs. Je les fuis comme la peste, en essayant de ne pas penser à eux et de faire la paix avec moi-même. Je pense de moins en moins à tout ça, mais je suis devenue parano dans mes relations amicales: je ne confie rien de personnel qui pourrait être utilisé pour m'humilier, je ne livre pas mes sentiments, je joue constamment à l'idiote sympa.

La petite fille joyeuse, aimable, attentionnée et curieuse dont je parlais au début de ce récit a disparu, et je donnerais tout pour la retrouver. Malheureusement les blessures sont profondes et même si je fais mon possible pour reconstruire qui je suis, ça prend du temps...
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Mr.Zorro



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MessageSujet: Re: Témoignage   Sam 1 Oct - 23:35

Je viens aujourd'hui témoigner ... comme on jetterait un encombrant pavé ... au fond de la mer ou dans un cours d'eau ... si possible au clair de lune sur le pont Mirabeau ... en espérant qu'avec lui ... seront emportés les corps sans vies ... de quelques fantômes de moi-même.
Amen.
(Ahah le mec se prend grave pour un poète, plus haut que son cul je crois qu'il pète. Au bout d'un moment ça devient quand même un peu soûlant pour celui qui écrit mais aussi pour celui qui lit ... nan ?) Bref, je viens vous parler de mon expérience de mes dernières années car j'espère que ça va me faire du bien et que peut-être ça va vous aider, vous allez parfois vous reconnaître enfin peut-être. Je fais ça maintenant car je viens juste d'assister moi aussi à une conférence virtuelle de la créatrice du site.

J'ai 23 ans. Je suis encore étudiant. J'ai fait une PACES puis plusieurs années de médecine et un master de recherche puis ça m'a soûlé alors je me suis barré en école d'Ingé. J'ai un chromosome Y et je suis fan de jésus, du dalai-lama et de gandhi. Aujourd’hui travesti, je serais Miss météo. Météo de mes 7 dernières années.

N<-7 Semaine précédente : BROUILLARD GIVRANT.
Quelque chose ne va pas. je ne sais pas quoi. Je ne sais pas qui je suis. Je ne sais pas pourquoi je suis. Je suis une tête ou plutôt juste un intellect, je contrôle mes émotions comme on tient un coeur dans un étau en fer rouillé. Malgré ma vigilance de tous les instants il arrive malgré tout à me jouer des tours et parfois des émotions m'envahissent ... avant d’être sévèrement réprimées. Je tombe amoureux le temps d'un regard. Le contact de la cuisse de ma voisine de bus me rappelle que je suis un Hetero Erectus. Je pleure comme un bébé devant les films à la télé. J’ai envie de faire des câlins à tout le monde et surtout de me faire câliner. J'ai une peur viscérale d'être rejeté, mal-aimé, abandonné ... Parfois il y a tellement de choses qui se passent dans ma tête et dans mon coeur simultanément que je me sens comme un commis seul à devoir gérer la cuisine d'un vaste restaurant bondé ... ça bout, ça brule ça frémit, ça frit de partout, y aurait de quoi faire travailler une bonne demi-douzaine de cuisinier. Parfois, je suis juste une machine de métal froid, un logiciel informatique, un répondeur vocal ... « Salut, je suis là sans vraiment l'être et ça sert un rien de me laisser un message, je l’écouterais pas vraiment » ... je me sens comme un de ces enfants d'un autre univers regardant constamment les étoiles ... comme on attend désespérément seul sur un quai un train qui n'est (et ne va probablement) jamais arrivé. J'attends ... J'attends quoi ? J'attends qui ? Maman ? Papa ? E-T ?
Je ne vous parle même pas de mon corps (enfin si du coup je vais le faire mais bon c’est juste de la rhétorique) il n'existe pas vraiment à mes yeux où en tout cas il n’est pas plus vivant que ne le serait une chaussette ou un steak haché surgelé, c'est ça, il est complètement gelés ...
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Mr.Zorro



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MessageSujet: Re: Témoignage   Sam 1 Oct - 23:36

N-6 Lundi : GIBOULE de MARS
Oh mon dieu, c'est la guerre ! Première vrai histoire d'amour, on s'attache et on s'empoisonne avec une flèche qui nous illusionne ... hum merci cristophe tu peux retourner t’asseoir. bref, c'est parfois très compliqué parfois très doux, quelques fois si effrayant qu'on a envie de fuir, quelques fois si ennuyant qu'on a envie de partir mais ma plus grande peur c'est au final de ne rien ressentir, de rester de marbre comme une stèle funéraire.
La fin du printemps et l’été passe puis arrive l’automne, les feuilles tombent et les liens se cassent ...

N-5 Mardi : TEMPÊTE ET INONDATION.
Elle me quitte et enfin je revis ... les abandons enfouis de mon passé ! Et fragilisé par le trou que ceux-là ont foré pour se conscientiser c'est tout mon barrage émotionnel qui s'effondre. Il m'inonde de toutes ces émotions refoulés, ces souffrances oubliés, ces monstres effrayants soigneusement placardés ou sous-le-lités pendant mon enfance. Les crises d'angoisses tels des orages grondent dans la nuit et m'empêchent de trouver le sommeil. Première thérapie, elle essaye de me reconnecter avec mon corps abandonné mais c'est encore trop tôt, j'ai un crâne remplis de couleuvres à démêler moi vous savez ?! Alors croyez bien que j'ai d’autre serpents à fouetter que de faire mumuse avec des galets et des sacs de fruits de marronnier !

N-4 Mercredi : DEPRESSION ATMOSPHERIQUE I - à tendance ORAGEUSE.
Je suis vide, il pleut dans mon coeur comme dans la ville, parfois une angoisse tel un tonnerre brise l'espace d'un instant la monotonie des cliquètements des gouttes de pluie ... et le temps avide passe, comme la Loire doucement, sous les arches du pont Aristide Briand.
Les événements de ma vie quotidienne ont autant d’impact sur moi que les gouttes de pluie en auront sur la seine ... superficiel et insignifiant. Je suis devenu un pantin inanimé que la vie traîne Elle me traîne derrière elle tel un lambeau de plastique qui serait resté accroché par mégarde à son soulier. Je ne sens rien, plus de goûts, plus d’odorat ... Plus de sens. Rien a de sens. Je n’ai plus d’essence. Je ne suis plus qu’un moteur qui tourne à vide, un ensemble de cognitions qui tourne en rond sans émotions ... Je n’ai même plus d’odeur, j’ai l’impression de disparaître : être ou ne pas être, je ne me pose même plus la question. Une fois de plus j’attends, sous mon linceul blanc, dans mon beau lit en bois, dormant ...

N-3 Jeudi : ECLAIRCIES LUNAIRES en fin de soirée.
Seul reste éveillé le chaval noir ... tout la haut esclave dans son laboratoire, la seule facette de mon esprit se passant sans problème de plaisir ou d’envie. Il travaille sur un sujet particulièrement piquant, en effet, il cherche à extraire pchismiquement le pourquoi du comment. Il lit d’ailleurs beaucoup de livres de psysique-chimie et il ira seul à la second experientherapy.
Sans matière première émotionnelle, il ne peut malheureusement que bien peu et assez rapidement monologuant, il se répète inlassablement. Tournant en rond dans ce petit cabinet, il est lessivé d’essayer de tirer une chasse d’eau cassée.
Sous les conseils du bon genie Albert il décide qu’il en a marre et qu’il est grand temps de changer sa façon de procéder, de toute façon ça ne pouvait plus durer. PAUSE. STOP. On se détend les stéthoscopes ! C’est Sabbath cette année ! Vendredi tous les jours ... Friday Friday Fridaaaay !
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Mr.Zorro



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MessageSujet: Re: Témoignage   Sam 1 Oct - 23:38

N-2 Vendredi : DEPRESSION ATMOSPHERIQUE II - entrecoupée de RARES ECLAIRCIES :
Je prends mes testic*les à deux mains, je taffe pour me payer une sexothérapie pour mieux comprendre mes blocages et angoisses sexuelles, j’écris des lettres à mes parents pour leur dire enfin ce que j’ai sur le coeur, je commence ensuite une gestalt-thérapie, je me découvre Zébrè ou HPI, je me sens compris par la psy cognitiviste, je pleure beaucoup, je ris un petit peu, je commence à sentir mes épaules, mes genous puis mes orteils et je me sens des fois légers, plein d’ambition et d’énergie prêt à me battre pour moi et pour ma vie, j’ai l’impression d’entraperçevoir un petit point lumineux au loin dans les ténèbres ! Malgré tout, on va pas se mentir, la grande majorité du temps je suis las ? où ça ? juste las... la réalité me semble trop dure, trop fatigante, trop décevante, trop effrayante, j’ai déjà si peu d’énergie pour me maintenir en demi-vie dans mon cocon interne, pour me lever le matin, je n’en ai plus a consacrer au monde extérieur. Je lui ai déjà tout donné toutes mes économies que je suis passé en mode veille, en sauvegarde des batteries. Combien de temps cela va-t-il durer, comment les recharger, où est mon chargeur, quelqu’un à un chargeur ? Venlaflaxine ? Non merci je crois pas que ce soit compatible avec mon ordi ?
Je crois que je vais continuer à essayer de me vider les tripes à coup de gestalt-spirit ... quand ça passe ça fait le plus grand bien.

N-1 Samedi : TEMPETES, ORAGES puis BLEU AZUR.
Traversée du désert arides et effrayant de mon inconscient lors d’une marche en solitaire de trois semaines. Petite implosion anxio-dépressive lors d’un stage à force d’avoir puiser sans vergogne dans mes toutes dernières réserves énergétiques. Reconstitution progressive de ma réserve d’énergie vitale via émotions et sensations à travers la gestalt, théatre, danse, sport mais aussi reconstruction identitaire via le nouveau parcours professionnel envisagé et la thérapie familiale permettant l’individuation ... le bout du tunnel semble vraiment plus proche, il y a des moments où quand je suis bien à l’écoute de mes sensations j’ai même l’impression de sentir un courant d’air frais. Il vient se faufiler entre mes jambes virevolter autour de mes mollets puis mes cuisses, remonter jusqu’à mon abdomen, élargir mon thorax, dégager mon larynx pour venir se perdre dans le labyrinthe de mon massif facial et d’un coup de vent il chasse les nuages gris qui m’embrumaient le cœur et l’esprit. On aperçoit le bleu azur ... ooh ça dure pas bien longtemps un quart d’heure tout au plus mais ça fait du bien de voir que le ciel n’a pas disparu derrière les nuages.

N0 – Dimanche : AVERSES EPARSES.
Nouvelle école, Nouvelle ville, Nouvelle vie ? Peut-être ben que oui ... oooh tout ne roule pas comme sur des roulettes, mais bon c’est bien mieux que ce fut et je me sens moins perdu dans un cursus qui me pètait le c... Certes, je panique toujours d’être rejeté par les Pierre Paul Jacques et les Jean, certes je suis souvent absent, absent de relations que je n’arrive pas à suivre entièrement, je m’investis dans toutes les relations et aucune en même temps c’est épuisant, c’est un bon moyen pour rester distant. Je suis encore pas mal vide mais je crois que j’ai trouvé quelques trucs et astuces pour me remplir, notamment boucher les trous d’éternelle insatisfaction qu’il y a au fond de mon tonneau. Je suis attiré par plusieurs filles et j’ai envie d’avoir des relations amoureuses avec plusieurs d’entre elles simultanément ... Et puis je commence à découvrir ce que veux dire l’affection et la tendresse auprès de douces et exotiques princesses. J’ai pas encore trouver de raison pour me lever, au réveil je suis souvent encore fatigué et j’arrive pas encore à me mettre à taffer. J’ai encore un peu peur de m’être encore trompé de voie même si cela a tendance à s’estomper. Aujourd’hui, j’ai réalisé que j’avais un mode d’attachement qui était anxio-évitant et que c’est probablement cela qui me joue des tours dans mes interactions avec les gens. Une nouvelle piste à explorer, loin d’être la première et probablement pas la dernière ...

Si vous avez lu jusqu’au bout, je vous applaudis ! Si un passage vous a parlé, n’hésitez pas à le partager.
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